Markantoine : Énergie théâtrale au service de la mode

Par Alexandre Turcotte

Le nom du jeune designer montréalais Markantoine est sur toutes les lèvres depuis maintenant plusieurs saisons. Ses défilés font réagir, attirent les médias et les jeunes. Avec son esthétique unique et revendicatrice, le créateur entreprend de nombreux projets qui semblent se dérouler à merveille. Parmi ses derniers grands coups : sa récente collaboration avec Simons, le géant québécois de la mode. Ces oeuvres et vêtements sont portés par nombre d’acteurs et de personnalités québécoises, de l’animatrice Pénélope McQuade à la chanteuse Marie-Mai en passant par l’influenceuse Maripier Morin et plusieurs autres. Le Musée des beaux-arts de Montréal lui a d’ailleurs fait l’honneur de l’ajouter à une de ses expositions au printemps 2019, aux côtés de grands noms de la mode canadienne. Hyperinvesti dans son travail de designer, c’est d’abord le théâtre qui le passionne à l’école secondaire. Il va pourtant s’inscrire au Collège LaSalle en mode, et plus tard en design de mode à l’UQAM. Son projet de fin d’année a d’ailleurs été sa première collection. Mais, ce passage ne semble pas avoir été des plus tranquilles : « Après trois semaines en mode, je voulais décrocher », se rappelle-t-il en rigolant. Il a tout de même poursuivi ses études pour finalement réaliser une dizaine de collections sous sa propre marque. Avant ses 30 ans, il retournait la pareille à la jeune relève, en devenant enseignant au Collège LaSalle.

L’histoire qu’il raconte à travers ses créations le distingue particulièrement.

Originaire de Shawinigan, ville située à 160 km de la métropole, son travail s’inscrit entièrement dans la mode montréalaise, qu’il décrit comme éclectique, avec ses quatre saisons, mais aussi plutôt sombre. « Montréal a été noire pendant très longtemps. Maintenant, on dirait que tous les jeunes créateurs essaient d’être plus colorés, et c’est tant mieux ! » L’histoire qu’il raconte à travers ses créations le distingue particulièrement. Il a une énergie rafraîchissante, théâtrale et un peu naïve qui le rend accessible. « Mon but est de rendre mes projets le fun et qu’on tripe pendant mes défilés. » La mode québécoise, dans tout ça ? Markantoine souligne plusieurs défis avec lesquels les créateurs d’ici doivent jongler : la difficulté de s’exporter ainsi que le manque de reconnaissance artistique et de subventions, entre autres. Toutefois, il reste positif pour l’avenir. De son côté, il planche actuellement sur plusieurs projets, dont une collection originale de sous-vêtements pour homme qui devrait voir le jour sous peu. On a bien hâte ! 

Source : MontréalStyle

Photo : Alex James et Pamela Lajeunesse